Le Figaro – Médias & Publicité : LinkedIn capitalise sur les données de ses utilisateurs 


Le Figaro – Médias & Publicité : LinkedIn capitalise sur les données de ses utilisateurs .

Par Marie-Catherine Beuth Mis à jour le 19/09/2011 à 08:04 | publié le 18/09/2011 à 07:48Réagir<!–

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Le siège de LinkedIn, au coeur de la Silicon Valley.
Le siège de LinkedIn, au coeur de la Silicon Valley.Crédits photo : Paul Sakuma/AP
Le siège de Google, l’immense Googleplex, n’est qu’à dix minutes à pied. Comme tant d’autres géants technologiques, LinkedIn a élu domicile au cœur de la Silicon Valley, à Mountain View. Ce réseau social, résolument tourné vers un usage professionnel, propose à ses utilisateurs de retrouver sur Internet ce qui fait le succès de la Silicon Valley: beaucoup de relationnel et l’accès à des expertises qui sont souvent externes à leur entreprise.

Pour l’entreprise LinkedIn, la proximité des plus gros acteurs d’Internet et des technologies doit aussi rappeler sa filiation et son ancrage technologique. Une particularité sur laquelle repose son modèle économique. «Ce que je souhaitais, c’est initier le changement dans le monde, raconte aujourd’hui Reid Hoffman, le cofondateur et président exécutif de LinkedIn. À l’été 2006, j’ai réalisé que le modèle économique était défini et stable. Étant profitable, LinkedIn était viable et pouvait vivre pour toujours.»

Coté en Bourse depuis fin mai 2011, LinkedIn a dégagé un bénéfice net de 6,6 millions de dollars sur 215 millions de dollars de chiffre d’affaires. Ce dernier est généré par trois activités : la vente d’abonnements premium aux internautes (20%), la publicité et le marketing (32% des revenus) et la commercialisation de solutions de recrutement (48%). Au cours des six premiers mois de l’année, cette dernière activité a connu la plus forte progression: +172 % de croissance.

«Un portefeuille d’activités équilibré»

Alors que les projets d’introduction en Bourse de plusieurs réseaux sociaux ont fait miroiter le spectre d’une nouvelle bulle, LinkedIn s’attache au contraire à prouver que son modèle économique est solide. «Nous avons un portefeuille d’activités équilibré. Les solutions de recrutement progressent le plus vite, mais les services marketing et les abonnements connaissent aussi une croissance forte et sont faciles à déployer plus largement, explique Jeff Weiner, directeur général de LinkedIn au Figaro. Notre plate-forme pourrait se permettre d’autres modèles économiques, mais nous voulons nous concentrer sur ce que nous faisons. Ce qui est réellement unique dans notre modèle, c’est que, pour la première fois, les entreprises peuvent accéder à un nombre important de candidats passifs. Ce modèle basé sur les professionnels en activité qui ne sont pas à la recherche d’un emploi est réellement unique. Désormais, on peut mettre en relation les talents avec les opportunités.»

Cette mise en relation repose sur le traitement des données collectées par LinkedIn et les algorithmes mis au point pour permettre aux recruteurs de trouver les profils qu’ils cherchent parmi les 120 millions de membres inscrits sur le site. «Notre mission est d’offrir de la valeur aux professionnels du monde entier, poursuit Jeff Weiner. Cela passe par leur identité professionnelle, de la business intelligence et un accès universel -notamment par le mobile. Notre technologie sert à soutenir cette proposition de valeur. Nous avons des infrastructures de données robustes et déployables sur lesquelles nous avons pu construire notre moteur de recommandation pour annonceurs et recruteurs. Nous disposons aussi d’un algorithme de mise en relation que l’on déploie à l’échelle mondiale. Enfin nos data centers tournent 24 heures sur 24. Et nous continuons d’investir.»

Au cours des douze derniers mois, LinkedIn a ainsi proposé de nombreux nouveaux services à ses utilisateurs, comme le bouton «postuler avec LinkedIn», LinkedIn Today, Skills… «Nous avons toujours innové mais le rythme s’est accéléré grâce à nos équipes et parce que nous déployons notre feuille de route», note Jeff Weiner, qui se défend d’avoir aussi réagi à une concurrence toujours plus vive dans le monde des réseaux sociaux.

Nouvelles acquisitions

Cette accélération passera également par de nouvelles acquisitions, pour lesquelles la cotation en Bourse offre désormais d’intéressantes monnaie d’échange. «Nous cherchons des actifs dans les technologies et des talents. Notre feuille de route s’accélère, car le temps pour entrer sur le marché et la rapidité comptent de plus en plus sur le marché de l’Internet grand public.» LinkedIn a précédemment investi dans mSpoke, un outil de recommandation, et dans CardMunch, qui permet de scanner des cartes de visite.

«Nous sommes attentifs au mobile, précise Jeff Weiner. Les scientifiques qui traitent des données sont aussi en train de gagner en valeur.» À l’inverse d’un Viadeo, qui s’est développé géographiquement par rachats, LinkedIn entend poursuivre sa croissance internationale de manière organique.

«Plus il y a d’incertitude, plus les utilisateurs se tournent vers nous. Pour nos clients entreprises, c’est a fortiori quand les budgets sont réduits qu’il est important de trouver les meilleurs profils et opportunités», analyse Jeff Weiner. Pour LinkedIn, cette année sera donc dédiée à l’investissement dans ses ressources technologiques et commerciales.

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