Comment Prisma transforme les photos en œuvres d’art – Le Temps


L’application pour mobile Prisma, lancée par une start-up russe, transforme en un clic vos photos en œuvres d’art. Une idée déjà exploitée par le site internet DeepArt, développé en Suisse il y a neuf mois

Source: Comment Prisma transforme les photos en œuvres d’art – Le Temps

Les photos retouchées d’une application mobile envahissent les réseaux sociaux depuis bientôt deux mois. D’une pression du doigt, un selfie pris dans la rue prend les traits torturés et les tons orangés du «Cri» d’Edvard Munch. C’est le principe de Prisma, qui permet aux utilisateurs de métamorphoser leurs photos en imitant les techniques de peintres célèbres et de mouvements artistiques. Pour l’instant, l’application gratuite n’est disponible que sur iOS. Trente-cinq possibilités sont offertes à l’utilisateur, des couleurs primaires et du blanc de Mondrian à «La Vague» d’Hokusai, en passant par le pop art de Roy Lichtenstein. Le 14 juillet, la start-up russe Prisma Labs annonçait avoir dépassé le million d’utilisateurs. Et une version pour la vidéo serait en préparation.

Parmi ceux qui ont été conquis par l’application, le premier ministre russe Dmitri Medvedev qui a posté sur Instagram le cliché d’un hôtel moscovite crayonné par Prisma. Une popularité qui s’explique par le fonctionnement particulier de l’interface. Elle se différencie notamment des filtres photos habituels qui sont seulement apposés à des images. Prisma permet de redessiner la photographie suivant le modèle sélectionné par l’utilisateur. Pour obtenir ce résultat, les concepteurs ont eu recours à un réseau de neurones artificiels, constitué d’un ensemble d’algorithmes dont la création, au départ, s’inspirait schématique

Dans le journal Le Courrier de Russie, Pavel Tcherkachine, directeur exécutif de Vestor.in, un fonds d’investissement spécialisé dans les start-up, remarque que Prisma est «une véritable percée». Il estime qu’à la base l’app aurait coûté moins de 100 000 dollars ≈ Small rural house, 2011″>[≈ cost of Porsche 911] à ses créateurs. Si aucune information n’est donnée sur le système de financement de Prisma, Alexeï Moïsseenkov, l’un des concepteurs de l’app, affirme que les investisseurs ne manquent pas. Selon la télévision russe RBC, parmi eux se trouve l’ancien employeur de Moïsseenkov, la compagnie Internet russe Mail.ru Group qui serait prête à investir près de deux millions de dollars. Au total, toujours d’après la même source, Prisma pèserait «aux alentours de 10 millions de dollars».

Un site web développé en Suisse

Ce n’est pas la première fois que les réseaux de neurones artificiels sont utilisés de cette manière. Le site web DeepArt, développé en Suisse, a été lancé en novembre 2015, soit près de neuf mois avant Prisma. Le principe est d’ailleurs très proche, puisque l’utilisateur de DeepArt peut télécharger une photo personnelle sur le site et ensuite la transformer en tableau de maître suivant un style ou un artiste particulier. Lukasz Kidzinski, développeur du site DeepArt, explique que «l’algorithme va alors analyser l’image pour en extraire les éléments principaux, comme un visage ou un objet». Ensuite, le programme va peindre une image en comparant les éléments de départ avec le tableau choisi. Il est possible d’hésiter entre «La Nuit étoilée» de Van Gogh, les nuances dorées de Klimt ou encore les portraits de fruits et de légumes d’Arcimboldo. DeepArt compte actuellement plus d’un million de téléchargements de photos.

Dans les coulisses de DeepArt il y a aussi une équipe composée de cinq chercheurs. Derrière l’algorithme originel, celui qui a été réutilisé par Prisma, se trouvent les chercheurs de l’Université de Tübingen en Allemagne. Mais c’est en Suisse que le site web a été développé par Lukasz Kidzinski, alors chercheur au Laboratoire d’ergonomie éducative de l’EPFL. «La création du site et le développement des technologies utilisées n’ont pas coûté cher du tout, raconte Kidzinski. Très rapidement, le site est devenu viral et donc, profitable». Si obtenir des photos retouchées en ligne est gratuit, ce n’est qu’une vitrine. Le financement de Deep Art repose sur la vente de posters et d’impressions en haute qualité. Lukasz Kidzinski admet que le succès de Prisma a relancé l’intérêt des investisseurs pour DeepArt.

Une rivalité émulatrice

Pour Lukasz Kidzinki, la technologie utilisée par Prisma est clairement fondée sur celle de DeepArt. Mais là où l’application mobile ne propose qu’une trentaine de variantes, DeepArt en possède plus d’un millier. D’après l’ancien chercheur de l’EPFL, «Prisma a mis en avant la rapidité au détriment de la qualité, ce qui correspond bien au mobile». Malgré ces différences, l’application russe reste très inspirée par la plateforme développée en Suisse. «Il pourrait y avoir un problème de brevet», avance Lukasz Kidzinski, mais aucune démarche n’a été encore entreprise. «Prisma fait définitivement partie de la compétition. Nous travaillons sur le même marché, donc ils nous poussent aussi à bouger rapidement». Les deux équipes ne comptent pas en rester aux images fixes, puisqu’elles envisagent sérieusement l’utilisation de leurs technologies sur des vidéos. Prisma lancera une version Android dans le courant du mois.

ment de l’activité des neurones biologiques.

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