Source: Voici le train qui pourra relier Bruxelles à Marseille en 45 minutes – La DH

Le projet d’Hyperloop, le “train” qui roulerait à 1200 km/heure, commence à se concrétiser à travers le monde. Un Wallon a remporté un concours organisé par Elon Musk pour encourager la recherche sur ce transport futuriste.

Un jour, pourra-t-on relier Bruxelles à Marseille en 45 minutes en empruntant ni avion, ni bateau, ni voiture, ni train ? Mais un “cinquième mode de transport”, comme le définit son concepteur, le milliardaire de la Silicon Valley Elon Musk ? Ce n’est pas forcément de la science-fiction. L’Hyperloop consiste en un double tube surélevé dans lequel se déplacent à 1200 km/heure des capsules transportant des voyageurs et/ou des marchandises. Dans la Silicon Valley en Californie, on travaille sérieusement à concrétiser le projet, transformant l’idée d’un visionnaire en réalité.

L’obstacle est surtout politique

C’est le cas du Belge Thomas Lambot, ingénieur en aérospatiale à la Nasa (lire ci-contre) et installé à Mountain View. Pour lui, dans trois ou quatre ans, cela pourrait commencer à devenir réalité. “On pourrait déjà commencer à voir des routes construites, par exemple, imagine le scientifique. A moins d’un grand problème technique, mais honnêtement, je ne le pense pas. Techniquement, il n’y a pas de grands obstacles à l’Hyperloop. On réutilise des technologies qui existent déjà. La question est de les mettre ensemble de manière maligne. Il y a encore des améliorations à faire pour démontrer que tout marche bien ensemble et qu’on a un système safe. C’est du temps. Le plus grand obstacle, ce sera d’un point de vue politique : ce sont des infrastructures importantes, sur de longues distances, il faut être sûr que tous les terrains sont disponibles pour la construction.” Pour le prototype de pod (wagon) qu’il a imaginé et construit avec son équipe, ce Gembloutois expatrié en Californie vient de remporter un concours organisé par Elon Musk. Car le célèbre homme d’affaires à la tête de Tesla et Space X est à l’origine du concept mais… laisse tout à qui veut travailler dessus.

A l’origine, Elon Musk avait en effet expliqué n’avoir pas le temps de développer le concept de l’Hyperloop, mais qu’il aimerait voir d’autres faire en sorte que cela devienne réalité. Il a ainsi publié des plans de l’Hyperloop. Le visionnaire adepte du “open patent” (brevet rendu accessible au public) encourage les entreprises à se créer autour de cette idée, et a lancé cette compétition en 2015 pour booster la R&D (recherche et développement) autour de l’Hyperloop.

Plusieurs start-up sur le coup

Désormais, un peu partout dans le monde, des entreprises se sont attaquées au projet. A Toulouse et en Californie, HTT a annoncé fin mars qu’elle avait commencé à construire le premier pod pour passagers à échelle réelle. L’entreprise aimerait relier Bratislava à Vienne et Budapest. Un accord a été signé en mars 2016 avec le gouvernement slovaque pour une étude exploratoire. A Las Vegas, une autre société, HyperLoop One, est en train de construire un “tube” de test. La compagnie a pour objectif de relier Dubai à Abu Dhabi en 12 minutes.

Une troisième start-up, à Toronto, travaille par exemple sur le véhicule. Forts de leur récente récompense, Thomas Lambot et l’équipe qu’il mène aimeraient eux aussi se lancer dans cette course. Ils regardent sérieusement à créer leur société. “Ça m’intéresserait de tenter notre chance avec notre compagnie, avec rLoop, peut-être pas pour opérer tout le système, mais pour développer la technologie, pour peut-être fournir et licencier la technologie à certaines grosses compagnies qui ont plus de capital pour construire. Même si HTT s’est installé à Toulouse, ce serait bien qu’il y ait plus de participation dans Hyperloop du côté européen. On a pas mal de gens dans rLoop qui sont européens. Et moi, j’aimerais bien retourner aux sources. Il y a plein de choses qui peuvent être faites en collaboration avec les universités et les entreprises.” RLoop est en train de chercher des partenaires, partout dans le monde, dont l’Europe, en vue d’un développement plus concret de sa “cabine” du futur.

Comme si vous y étiez : Ce que serait le voyage en Hyperloop

A quoi ressemblerait un voyage en Hyperloop, de Bruxelles à Marseille ? Le passager se rend à une station au milieu de la ville. Il prend son ticket, rentre dans le tube, prend sa place dans le wagon, et reçoit un snack. Ces cabines ressemblent à une cabine d’avion – un peu plus petites, style business jet – sans fenêtres, car ces tubes sont en métal opaque. Il faut plutôt imaginer des parois où on peut projeter des images, par exemple de l’extérieur via des caméras. Une fois assis, le passager doit attendre 5 à 10 minutes que l’on retire une partie de l’air du tube autour du pod : cela évite les frottements.

Le principe de base est d’avoir très peu de frictions, de pertes dans le système. C’est ensuite l’accélération comme dans un avion au décollage, mais un peu plus fort et plus long. Pendant 30 minutes, on est juste en train de flotter. Le véhicule ne touche pas le sol ou très peu, certains systèmes touchant le sol, mais pour assurer que le pod soit centré au milieu du tube. Les tubes eux se trouvent en surface, fixés sur des pylônes. Sur le tube, sont fixés des panneaux solaires qui fournissent l’énergie nécessaire. Tout cela permet d’avoir des vitesses plus hautes qu’un avion même à haute altitude.

C’est un trajet extrêmement fluide, le passager n’est pas secoué sauf pendant les virages. Puis on freine, la sensation est similaire à celle de l’atterrissage lorsque les gens sont retenus par la ceinture, mais dure un peu plus longtemps. On stoppe, on sort, on arrive à destination. Le trajet a duré 45 minutes. Possible donc d’habiter à Marseille et de travailler à Bruxelles par exemple…

Thomas Lambot, de Gembloux à la Nasa

Mountain View, c’est la ville de Google et de Microsoft… et aussi depuis peu celle de Thomas Lambot, 30 ans. Après quatre ans de vie en Californie, ce Gembloutois d’origine vient de s’installer dans ce haut-lieu de la Silicon Valley où se concentrent les géants – et les jeunes pousses – des nouvelles technologies. Grandi à Gembloux, diplômé ingénieur de l’UCL, après une année à l’Institut Von Karmann, ce centre de recherche d’Overijse spécialisé dans les tests d’engins spatiaux, et un autre diplôme à Toulouse, Thomas Lambot a réussi à décrocher un stage à l’agence spatiale américaine. “Par un ami de l’UCL, j’avais entendu parler d’une possibilité de stage à la Nasa. Je lui a dit : ‘essaye de filer mon CV’. Et j’ai été pris !”

“Innover dans des choses révolutionnaires”

Après son stage, on lui a offert un job au Ames Research Center de la Nasa, au cœur de la Silicon Valley. Le jeune Wallon est fier de sa formation en Belgique, qu’il juge excellente : “au niveau technique, je peux tenir la cadence avec des gens de Stanford ou de la Nasa, sans problème.” A la Nasa, Thomas Lambot a travaillé sur un projet qui ressemble à de la science-fiction. Ce passionné de propulsion a ainsi mis au point, pour la Défense, un petit prototype d’une fusée utilisant de l’énergie micro-ondes. “Ici, c’est plus simple d’aller dans des concepts ‘foufous’, comme ceux sur lequels je bosse, parce que les gens sont plus ouverts à ce genre de choses, compare-t-il. La Belgique et l’Europe ont une grande expérience dans le domaine de l’aérospatiale, mais ça devient un peu de l’aérospatiale de papa. On reste dans le même truc et on essaie juste d’améliorer. Aux Etats-Unis, il y a plus l’opportunité d’innover dans les choses révolutionnaires. Dans la Silicon Valley, on peut attaquer des produits complètement fous. Les gens n’ont pas peur d’entreprendre. C’est une fierté d’avoir raté sa boîte, ça veut dire qu’on a essayé. C’est le ‘qui ne tente rien n’a rien’.” On n’hésite pas non plus à innover dans la façon de travailler : ainsi, pour le groupe rLoop, le projet de design et de construction du wagon s’est organisé entre volontaires, à l’aide d’outils collaboratifs sur Internet.

Li. B.

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