La blockchain va-t-elle bouleverser la donne dans le secteur de la distribution ? Cette technologie nous promet une alimentation plus sûre, plus équitable et plus traçable. Un atout énorme à une époque où le consommateur exige d’en savoir toujours plus sur l’origine des produits qu’il consomme. Carrefour et Walmart l’ont bien compris : les deux enseignes ont d’ores et déjà décidé de miser sur une nouveauté dont on n’imagine pas encore les limites.

Source: http://www.gondola.be/fr/news/digital/comment-la-blockchain-pourrait-revolutionner-le-retail

Mais de quoi parle-t-on exactement ? Pour faire court, la blockchain est une gigantesque base de données accessible à tous ceux qui ont en l’autorisation. Un peu comme un fichier Excel auquel certains utilisateurs ont accès et d’autres pas. Dans cette base de données, les personnes autorisées enregistrent des transactions. Il se peut qu’une autorité centrale ou des règles d’utilisation déterminent qui est habilité à introduire quelles transactions. Lesdites transactions sont de tous ordres : combien de fois un animal de compagnie a reçu quel vaccin, tous les virements bancaires effectués par une personne, des actes de propriété, qui a acheté une certaine maison et l’a ensuite revendue,… Tout est imaginable.

Elément capital : une fois enregistrée dans la base de données, une transaction ne peut plus être supprimée. Autrement dit, on ne peut qu’ajouter des transactions. C’est ainsi que se crée une chaîne (chain) de transactions (block) qui enregistre tout. L’avantage de cette technologie est qu’elle ne nécessite plus d’intermédiaires : chaque participant contribue à la création de la base de données, un code intelligent permettant de contrôler que tout se déroule selon les règles.

L’enregistrement est très aisé et simplifie le travail administratif tout en permettant d’économiser des frais importants. La transparence est totale. Aujourd’hui que le consommateur veut tout savoir sur l’origine des produits qu’il consomme, c’est assurément un fameux atout. Et si cette volonté de ‘tout savoir’ entraîne une multiplication difficilement gérable des étiquettes sur les produits, la blockchain peut offrir une solution.

Exemple très concret tiré du retail. Un producteur de légumes enregistre un bac de pommes de terre dans la blockchain. Le produit reçoit un code grâce auquel on accède à toutes les informations sur le producteur ainsi que sur l’endroit et le moment où le bac a été enregistré. A chaque étape de la chaîne d’approvisionnement, une information est ajoutée au code initial : le lieu de culture des pommes de terre, le producteur, le transporteur, la criée où elles ont été vendues, qui a opéré le contrôle qualité, etc.

In fine, le supermarché dans lequel les pommes de terre seront commercialisées aura un aperçu détaillé de leur parcours. Il pourra même, s’il le souhaite, partager toutes ces informations avec le consommateur grâce à un code QR. Autre avantage de la blockchain : elle permet d’effectuer les paiements. Il n’est donc pas besoin de factures puisque tous les paiements sont automatisés. Les possibilités de la blockchain semblent infinies.

Plusieurs supermarchés testent ou appliquent déjà la blockchain. Carrefour a annoncé début juin qu’il l’utiliserait pour certaines catégories de produits, dont les œufs, le fromage, le lait, les oranges, les tomates, le saumon et le bœuf haché. Le système autorise le retailer à promettre au consommateur une traçabilité complète de ses produits, chose qui est d’ailleurs déjà effective pour les poulets d’Auvergne.

Baptiste Van Outryve, porte-parole de Carrefour Belgique : « Nous traçons les produits depuis le producteur jusqu’aux rayons de nos magasins. Chaque étape du processus de production est contrôlée et traçable. Pour le moment, nous ne publions qu’une partie de l’information car nous ne tenons pas à noyer le client. Notre gamme Belchick et notre ‘viande de porc d’antan’ sont munies d’un code QR que le client peut scanner avec son smartphone ce qui lui permet de remonter jusqu’au producteur. »

Pour la viande de poulet, le retailer a enregistré une série d’informations dans la blockchain : l’alimentation de la volaille, l’élevage des poules pondeuses, la production d’œufs à couver, l’entreprise chargée de l’éclosion, l’élevage des poulets, l’abattoir, le découpage, la préparation des produits transformés, la distribution. Carrefour est le premier supermarché en Europe à utiliser cette technologie.

De leur côté, Nestlé et Unilever examinent comment ils pourraient, grâce à la technologie blockchain, rendre la chaîne d’approvisionnement plus transparente. En juin 2017 déjà, la chaîne américaine de supermarchés Walmart a lancé un projet pilote dont un résultat est stupéfiant. Là où il fallait sept jours pour connaître le trajet exact des mangues, la technologie blockchain permet un suivi en temps réel : le décalage est de seulement… 2,2 secondes !

Frank Yiannas, vice-président de la sécurité alimentaire Walmart, déclarait  récemment : « La blockchain est le début d’une nouvelle ère de transparence sur la marché globalisé de la production et de la vente de produits alimentaires. Elle contribuera à un comportement plus responsable des acteurs et à une chaîne alimentaire plus sûre ».

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