1. Info : le pari osé de LN24

J.-F.M.J.-F.M.
Le lancement de la chaîne d’info en continu LN24 le 2 septembre lors d’une grande soirée au Parlement européen est sans conteste l’événement de la rentrée média. Ce n’est pas tous les jours qu’on assiste à la naissance d’un nouveau média en Belgique, surtout au vu du contexte économique. Le pari est d’autant plus osé qu’il s’agit d’information.
Lancé par deux anciens journalistes, Joan Condijts (ex-rédacteur en chef de L’EchoLe Soir) et Martin Buxant ( L’Echo, Bel-RTL…) et le producteur Boris Portnoy (Keynews), ce projet entrepreneurial inédit bénéficie du soutien financier de quatre actionnaires privés : Belfius, Besix, Daoust, Icewatch.

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Son ambition ? Offrir une alternative au duopole de l’info incarné par RTL et RTBF et venir avec un regard plus exigeant sur les grands enjeux économiques et politiques (nationaux comme internationaux). La chaîne sera active de 6 à 23 heures et alternera tranches d’info, magazines thématiques, documentaires, grands débats, interviews… Une trentaine de personnes ont rejoint l’aventure dont une quinzaine de jeunes journalistes.
Cette initiative audacieuse sera-t-elle couronnée de succès ? Les sceptiques mettent en avant la faiblesse des moyens dont dispose l’entreprise (4,5 millions d’euros), l’étroitesse du marché francophone belge, le déclin de la publicité télé…
Les promoteurs de LN24 sont quant à eux persuadés qu’ils répondent à un besoin et estiment que leur modèle économique tient la route grâce à une structure de coûts beaucoup plus légère que celle des grands médias établis.

2. Publicité : TF1 crispe les relations entre RTL et RTBF

J.-F. M.J.-F. M.
La rentrée 2019 s’annonce chahutée sur le marché publicitaire. Les deux plus grandes chaînes télé privées du paysage audiovisuel ont décidé d’unir leurs forces. A partir de septembre, la régie de RTL – IP – va commercialiser les pubs belges de son grand concurrent français, TF1. Ce dernier a en effet renoncé à faire appel au service de la régie Transfer après un début sur le marché belge plutôt poussif. C’est un virage à 180 degrés pour IP qui, après avoir répété pendant deux ans à tous les annonceurs qu’aller sur TF1 était une grave erreur, va maintenant devoir les convaincre du contraire.
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Du coup, le marché publicitaire télé belge francophone redevient un duopole (RMB/RTBF – IP/RTL) mais avec un déséquilibre plus marqué qu’avant puisqu’IP sort renforcé. C’est peu dire que cette situation crispe du côté du boulevard Reyers. Jusqu’ici, c’est surtout RTL qui a fait les frais de l’arrivée de TF1 sur le marché publicitaire belge vu la similitude de leurs audiences. Maintenant que TF1 a quitté Transfer et est en régie chez IP, il va falloir trouver l’argent ailleurs, c’est-à-dire chez RMB (la régie de la RTBF). Cette dernière s’attend à ce que IP cherche à prendre des parts de marché à la chaîne privée AB3, qui fait partie de son portefeuille de clients et présente un profil d’audience similaire à celui de TF1.
Mais ce que la RTBF craint le plus, c’est que RTL abuse d’une position qu’elle considère désormais comme dominante pour influencer de manière indirecte sa grille de programmes. La RTBF et TF1 collaborent beaucoup à travers des coproductions. « RTL pourrait faire pression sur TF1 pour stopper celles-ci, ce qui réduirait le flux de téléfilms, séries… sur la RTBF », estime une source. « Idem pour l’acquisition de droits sportifs ou la signature de grands accords avec des majors du cinéma.
RTL pourrait inciter TF1 à négocier ces droits et accords non pas uniquement pour le territoire français mais aussi pour le territoire belge francophone, privant la RTBF de l’accès à ces productions». Au boulevard Reyers, on est prêt à dégainer l’arme d’une plainte auprès de l’Autorité belge de la concurrence au moindre indice qui indiquerait ce type d’abus.

3. Télé : Proximus cabre   les chaînes

J.-F. M.J.-F. M.
La rentrée pourrait bien être marquée par un bras de fer entre Proximus et les quatre principaux diffuseurs du pays – RTL, RTBF, VRT et DPG Media (VTM). Ces derniers ne digèrent pas la manière dont l’opérateur présente leurs contenus sur sa nouvelle interface Pickx.
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Dans le menu, les programmes ne sont plus présentés par chaîne, sous forme de fil chronologique mais par thématique (sport, films/séries, enfants…). En fonction d’un algorithme de recommandation, les téléspectateurs se voient proposer une série de programmes provenant de toutes sortes de diffuseurs, de manière délinéarisée.
Le modèle ? Netflix.
Les chaînes n’acceptent pas que Proximus s’arroge le droit de découper leurs programmes. En Flandre, VTM et la VRT considèrent même qu’il s’agit d’une violation d’un décret régional qui protège l’intégrité de leur signal.
Ce que craignent les chaînes ?
Que cette interface ne réduise fortement la visibilité de leur marque, entraînant une baisse de leur audience en linéaire et une diminution de leurs revenus publicitaires. Elles demandent une transparence totale sur l’algorithme utilisé par Proximus car elles soupçonnent que celui-ci cherche à favoriser via les résultats affichés les services avec qui il a des liens privilégiés (Netflix) ou les chaînes faisant partie de ses bouquets payants. « Si cet algorithme doit discriminer les chaînes, cela doit se faire en faveur des chaînes locales et non des grands groupes internationaux », estiment-elles.
Elles veulent aussi que la consommation de leur contenu non linéaire puisse s’effectuer dans leurs applications respectives (Auvio, RTL Play.) là où elles ont la main sur la commercialisation de leurs espaces publicitaires, ce qui n’est pas possible pour l’instant. « Proximus voudrait tuer nos applications qu’il ne s’y prendrait pas autrement », peut-on entendre.
Une réunion est prévue le 28 août entre Proximus et les quatre groupes télé pour déminer la situation. Faute de progrès dans les discussions, ces derniers sont prêts à en découdre, nous revient-il.

4.Radio : la guerre des ondes

J.-F.M.J.-F.M.

 

La guerre des ondes a de nouveau repris. Comme en 2008, le nouveau plan de fréquences adopté par le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) le 12 juillet dernier fait l’objet de recours, laissant planer l’incertitude sur le contour du futur paysage radio. Le groupe IPM ( La LibreLa DH…) conteste le fait qu’on lui ait retiré le réseau de DH Radio pour le donner à la nouvelle chaîne d’info en continu LN24. Il vient de gagner une première bataille devant le Conseil d’Etat. Suite à son recours en extrême urgence, la juridiction administrative a suspendu le 14 août dernier les décisions du CSA refusant d’attribuer un réseau FM/DAB à DH Radio et octroyant un réseau à quatre radios : Contact, NRJ, Fun et LN24.
La décision du Conseil d’Etat portait sur une question de forme, à savoir l’insuffisance de la motivation de la décision. Le 4 septembre, le CSA devrait donc selon toute vraisemblance reprendre une décision identique et communiquer aux éditeurs concernés un document beaucoup plus motivé reprenant une comparaison des différents dossiers, critère par critère.
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Il y a fort à parier qu’IPM n’en restera pas là et attaquera cette fois sur le fond. Son patron, François le Hodey, a déjà déclaré que plusieurs critères de sélection définis par le Parlement et le gouvernement ont été appliqués différemment selon les éditeurs, relevant « des erreurs manifestes d’appréciation ». Il n’est pas le seul. D’autres acteurs évincés soulignent des incohérences dans les cotations et estiment que les cartes pourraient être rebattues. IPM a deux mois pour introduire son recours. Tout cela ne fait pas les affaires de LN24 qui ne pourra réaliser les investissements nécessaires au lancement de sa radio que lorsque la sécurité juridique sera établie.

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