L’intelligence artificielle serait l’avenir des RH ? En Russie, L’Oréal a tenté l’expérience. Elle s’est soldée par un échec !

Elle avait pourtant toutes les qualités pour faire le job. Une intelligence artificielle éditée par la startup Stafory censée faciliter la vie des ressources humaines, un joli nom, Vera, et la capacité de pré-sélectionner les candidats à un poste puis de leur faire passer des entretiens téléphoniques et vidéo. En prime, une efficacité redoutable : « Vera sélectionne des candidats 10 fois plus rapidement qu’un humain ». Le tout sans fiche de salaire à la fin du mois. Pas étonnant que ses qualités aient déjà séduit bon nombre de clients, parmi lesquels IKEAMicrosoft et PepsiCo.En Russie, les équipes de L’Oréal ont tenté l’expérience. Il faut dire que l’entreprise reçoit 2 millions de candidatures par an : un petit coup de pouce pour faire le tri n’est pas forcément malvenu…

À la pointe de la digitalisation des ressources humaines, L’Oréal n’en est pas à son coup d’essai. Sur son site de recrutement anglais et américain, le chatbot Mya permet déjà de faire une pré-sélection de candidats. En 2015, la société a noué un partenariat avec la startup chinoise Seedlink pour mieux gérer le volume de CV reçus pour ses offres de stages. La solution fonctionne bien, au point qu’elle est développée dans 5 pays et qu’elle le sera bientôt en France.

Mais on ne peut pas réussir à tous les coups. Si Mya a su se faire une place de choix au sein de l’entreprise, les aventures de Vera n’auront duré que quelques mois. « Notre filiale russe a été approchée par Stafory (…). Il y a eu une expérimentation locale, dans un esprit test & learn, qui n’a pas été concluante », confie Natalia Noguera, en charge de la transformation numérique des ressources humaines chez L’Oréal en France. Pour elle, la technologie – et surtout l’intelligence artificielle – doit amplifier les capacités humaines des RH, et non pas les remplacer. En ce sens, le sujet mérite d’être traité avec précaution…Vera n’a pas fait le job, mais d’autres croient réellement au potentiel de l’I.A. dans le secteur. David Bernard, fondateur de l’entreprise AssessFirst, utilise les modèles prédictifs pour comprendre qui sont les candidats plutôt que d’analyser leurs expériences professionnelles. « Notre système ne se base pas sur les critères classiques, mais sur l’agilité intellectuelle, les motivations et enfin sur la personnalité » – avec un taux de fiabilité revendiqué de 85% et l’ambition de diminuer le turnover en entreprise de 50%.

Même son de cloche du côté dans un article de la Harvard Business Review, où il est affirmé que dans le recrutement, l’algorithme bat l’instinct.

La solution parfaite – celle qui saura réconcilier les réfractaires et les illuminés – reste certainement encore à inventer. L’idée n’est pas que les Ressources Humaines deviennent des Ressources Robotiques… Mais un peu d’aide dans certaines tâches pourraient permettre aux RH de se concentrer à d’autres sujets – comme le maintien de l’harmonie en entreprise.

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