L’année 2019 a été marquée par une recrudescence d’enquêtes antitrust contre Google, Amazon, Facebook et Apple. Toujours tout-puissants en Bourse, les Gafa sont attaqués de toutes parts et vont devoir répondre de leur prédominance en 2020. (Les Echos)

0602448810548_web_tete.jpg

Damien Meyer/AFP

Publié le 2 janv. 2020 à 12h06
Mis à jour le 2 janv. 2020 à 20h38

Quid des Gafa en 2020 ? Après une année rocambolesque, marquée par la multiplication des enquêtes antitrust et la persistance de leur toute-puissance boursière, les Google, Apple, Facebook et Amazon ont du pain sur la planche. Attaqués de toutes parts, ils vont notamment devoir répondre de leur prédominance sur le marché publicitaire ou encore à la controverse sur l’utilisation des données personnelles. Tour en douze questions des principaux enjeux de cette année.

Où en sont les enquêtes sur les Gafa ?

L’année 2019 aura vu les enquêtes se multiplier pour les Gafa. La plupart seront longues et elles s’annoncent acharnées. Les géants de la tech ont renforcé leurs équipes juridiques et sont désormais à la tête  d’une armée de lobbyistes, déployés à Washington, à Bruxelles et dans les principales capitales mondiales.

Mais le climat a clairement changé, en particulier dans la classe politique américaine, et les fronts se sont multipliés. Récemment, le président de la Federal Trade Commission (FTC) a confirmé qu’il menait plusieurs enquêtes, en plus de celle, déjà annoncée, concernant Facebook – qui pourrait chercher à bloquer l’intégration des différentes applications, Facebook, Instagram et WhatsApp. Il n’a pas cité de noms, mais il s’agit de « plates-formes aux activités multiples, soupçonnées de pratiques illégales et dont les acquisitions ont été approuvées par les autorités de régulation »…

Aux Etats-Unis, le Département de la Justice a aussi entre les mains le dossier Facebook. Le secrétaire à la Justice, William Barr, a indiqué que le passage en revue des activités concernerait des sujets différents de ceux étudiés par la FTC. Et le Congrès a mis en place ses propres commissions d’enquête sur les Gafa…

Des procédures encore différentes de celles menées au niveau des Etats.  Cinquante procureurs généraux, représentant 48 Etats, se sont en effet regroupés pour chercher à savoir si Google et Facebook ont violé les règles sur la concurrence aux Etats-Unis. Le Texas, qui mène l’enquête sur Google, a récemment indiqué qu’il étendait son enquête, jusqu’ici cantonnée aux activités publicitaires du géant, à Android et au moteur de recherche. L’Etat de New York, qui dirige celle sur Facebook, n’exclut pas de s’intéresser également à la vie privée.

Des préoccupations partagées par l’Europe : Bruxelles vient de lancer une enquête préliminaire sur la collecte et la monétisation des données des utilisateurs de Google.

Les Gafa seront-ils démantelés ?

L’élection présidentielle de novembre prochain aux Etats-Unis donne des sueurs froides à certains acteurs de la Tech. La démocrate  Elizabeth Warren a notamment jugé qu’il était « temps de démanteler Google, Amazon et Facebook ». Elle conteste leur emprise sur la société mais juge aussi que leur poids nuit désormais à l’émergence de nouveaux acteurs innovants.

Sa proposition : séparer la propriété de l’outil technique et son usage quand un groupe dépasse 25 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Donald Trump lui-même assure ne pas être très fan des Gafa, mais il les défend dans leur combat fiscal contre la France et n’a pas légiféré pour limiter leur influence. Joe Biden, en tête des sondages pour l’investiture démocrate, a pour l’instant surtout critiqué – parce qu’il en a été victime – les fausses publicités diffusées sans contrôle par Facebook.

Plus que le démantèlement, c’est une régulation plus serrée que les Gafa peuvent craindre, avec de multiples entrées possibles : la concurrence déloyale (quand Apple ou Amazon privilégient leurs services à partir de leurs produits ou de leur plate-forme), la protection et le partage des données personnelles ou encore la réglementation publicitaire, qui reste le coeur des revenus de Google et Facebook.

Qui aura la meilleure part du gâteau publicitaire ?

Plutôt que des Gafa, il faut surtout parler de Google et de Facebook quand il s’agit de mesurer le poids de ces acteurs dans les recettes publicitaires. Google a passé  la barre des 40 milliards de dollars de chiffre d’affaires au troisième trimestre, dont 83 % dans la publicité numérique, et Facebook 18 milliards de dollars de revenus en un trimestre. Selon l’institut Warc, les deux acteurs ont capté l’an dernier 56 % de la publicité numérique mondiale, un chiffre qui pourrait grimper à 61 % cette année. Rapportée au marché total de la publicité – en ligne et traditionnelle -, leur part était encore de près de 25 % l’an dernier.

Google et Facebook voient désormais  entrer sur leur terrain de jeu Amazon. La plate-forme, qui profite de ses places de marché et de sa connaissance fine des consommateurs pour envoyer des messages ciblés, pourrait capter 10 milliards de dollars de recettes publicitaires sur le marché américain cette année, soit près de 8 % du marché, selon une étude de e-marketer.

Les grandes plates-formes risquent donc de continuer à prendre des parts de marché sur les acteurs historiques que sont notamment les éditeurs de presse et la télévision. Et les tentatives de régulation et de partage des revenus se sont pour l’instant heurtées à un mur. Comme avec la « taxe Gafa » sur le chiffre d’affaires des grandes plates-formes, la France, qui a été  la première à avoir transposé la directive européenne sur le droit voisin pour la presse, espère faire reconnaître un abus de position dominante de Google et parvenir à un accord.

Ont-ils gagné la bataille du cloud ?

La tortue européenne peut-elle rattraper le lièvre américain ? Dans le domaine des infrastructures informatiques à la demande, la fable a peu de chances de se terminer comme dans la version originale. Les trois géants du cloud – Amazon, Microsoft et Google – ont pris dix ans d’avance sur la concurrence.

Le premier a inventé le concept avec sa filiale AWS créée en 2006. Il contrôle aujourd’hui plus du tiers de ce fabuleux marché, évalué à 100 milliards de dollars en 2019, et en croissance de 40 % par an. Son premier poursuivant, Microsoft Azure, est deux fois plus petit. Google Cloud quatre fois. A eux trois, c’est plus de la moitié du gâteau mondial du cloud. Avec les profits, mais aussi  les innovations et les économies d’échelle qui vont avec. A côté, le champion tricolore OVH, avec ses 600 millions d’euros de revenus attendus en 2019 – soit moins de 1 % du marché mondial -, pèse très peu.

Les seuls à pouvoir faire un peu d’ombre à l’Oncle Sam, ce sont les géants chinois du cloud : Alibaba et Tencent. Ce dernier vient d’annoncer  un investissement de plus de 10 milliards d’euros dans ses infrastructures cloud en Europe. Et en a profité pour expliquer aux autorités du Vieux Continent que la compétition mondiale était « largement passée ».

L’Europe a pourtant encore des ambitions, dopées par les inquiétudes  sur la protection des données personnelles ou industrielles. La France sonde ainsi les industriels tricolores pour bâtir  un « cloud de confiance », sept ans après l’échec fracassant des « clouds souverains »  Numergy et Cloudwatt. L’Allemagne pousse un  « cloud européen » baptisé Gaia-X. La volonté politique suffira-t-elle ? Il y a quelques années, la possibilité, voire l’intérêt, de concurrencer le GPS américain avec Galileo paraissait mince. Et pourtant il tourne…

Les banques vont-elles disparaître au profit des Gafa ?

Apple, qui  vient de lancer une carte bancaire avec Goldman Sachs, Google, qui se prépare à proposer un compte courant avec Citigroup l’an prochain… Depuis leur entrée sur le marché des moyens de paiement avec Apple Pay ou Google Pay, les Gafa misent sur le secteur bancaire pour se diversifier. Certains ont même des ambitions plus grandes, comme Facebook qui avait réuni une palette de partenaires bancaires pour lancer une cryptomonnaie, le Libra.

L’offensive de Facebook sur un sujet éminemment souverain a finalement déclenché plus de craintes que d’admiration, au moment où Mark Zuckerberg est la cible de critiques tous azimuts de la part des régulateurs et des parlementaires. Résultat, le projet de Libra est regardé avec circonspection et les partenaires bancaires sont partis un à un.

« Le Libra, c’est pour l’instant surtout une idée mais cela a forcé les régulateurs à se poser à nouveau la question de ce qu’est une banque », jugeait récemment un banquier américain. Début décembre, un rapport des superviseurs du G20 fédérés dans le Conseil de stabilité financière (FSB) a pointé  les risques que fait peser la « Big Tech » – avec des acteurs peu nombreux et maîtres du cloud – sur les performances des banques traditionnelles, et donc in fine sur la stabilité du système financier.

La santé, nouvel eldorado des Gafa?

Partenariat avec plusieurs laboratoires pharmaceutiques pour améliorer les essais cliniques, création de nouvelles divisions dédiées à la santé dirigées par des professeurs de médecine réputés, ouverture de cliniques pour leurs salariés… En 2019, les Gafa ont multiplié les annonces dans le domaine de la santé, un marché fragmenté représentant un cinquième du PIB des Etats-Unis qu’ils veulent disrupter.

La révélation en novembre par le « Wall Street Journal » du projet Nightingale de Google a confirmé le niveau  de leurs ambitions dans ce domaine. Ascension Health, le deuxième plus gros gestionnaire d’hôpitaux des Etats-Unis, a passé un partenariat avec le géant de Mountain View pour  transférer les dossiers médicaux de plus de 50 millions de patients vers ses serveurs informatiques. Objectif ? Suggérer des traitements aux médecins en appliquant ses outils d’intelligence artificielle aux données.

La nouvelle a suivi de peu l’annonce de  son offre de rachat de Fitbit,le fabricant de bracelets connectés dont les dernières versions permettent de surveiller son sommeil et son rythme cardiaque. La société ne veut pas se laisser distancer par Apple, qui a déjà positionné sa montre connectée comme appareil préventif. Depuis l’année dernière, deux des plus gros assureurs américains subventionnent les Apple Watch. Le géant à la pomme pourrait aller plus loin cette année avec des appareils mesurant le taux de glucose. Reste un mur à franchir :  la surveillance accrue des régulateurs et la défiance des patients à la suite des différents scandales sur leurs traitements des données.

Fiscalité du numérique : jusqu’où ira le duel Washington-Paris ?

Tout est à refaire, ou presque. Alors que les négociations semblaient avancer à l’OCDE, Paris et Washington ont connu un automne brûlant. L’administration Trump avait pourtant donné des signaux positifs, envisageant une solution concertée au niveau international et adoubant les  principes énoncés par l’OCDE (taxation des activités dans un pays même si la société n’a pas de présence physique, définition d’un taux minimum d’impôt sur les sociétés…).

Mais depuis, elle a fait volte-face et fait savoir à ses partenaires que, pour elle, ces mesures ne pouvaient être que… facultatives. Et en attendant qu’une solution soit trouvée, qui remplacerait la taxe Gafa adoptée en France, Washington a annoncé des  mesures de représailles, qui pourraient taxer jusqu’à 100 % des fromages français, du champagne, etc. Un arsenal soumis à une consultation publique jusqu’au 14 janvier.

Dans l’immédiat, les grandes plates-formes vont devoir s’acquitter des taxes en France. Elles pourraient être remboursées si une solution internationale était adoptée et que cet impôt était moins élevé que la taxe française. Mais, pour cela, il faudra se rasseoir à la table des négociations…

En attendant, Google a annoncé cette semaine qu’il arrêterait d’utiliser un mécanisme d’optimisation fiscale « Double Irish, Double Dutch sandwich » qui lui permettait de repousser le paiement de ses impôts aux Etats-Unis. Washington avait exhorté les sociétés qui y avaient recours à mettre fin à cette pratique avant 2020.

Les salariés des Gafa vont-ils suivre ou se rebeller ?

Ramener les entreprises technologiques dans le droit chemin : c’est la mission que se fixe un nombre croissant de salariés des Gafa. Longtemps apathiques,  quelques milliers d’entre eux multiplient désormais les manifestations et lettres ouvertes pour protester contre les pratiques internes et les choix stratégiques de leurs employeurs. Une douzaine est même allée jusqu’à démissionner.

La mobilisation est particulièrement forte chez Google, entreprise qui a toujours encouragé ses salariés à exprimer leurs opinions. Après la manifestation d’un quart des effectifs du groupe en novembre 2018 à la suite du traitement généreux de dirigeants accusés de harcèlement sexuel, leur activisme a permis d’améliorer les conditions de travail des intérimaires, de stopper la fourniture d’outils d’intelligence artificielle au Pentagone et de mettre fin à un projet de retour du moteur de recherche en Chine.

Le géant de Mountain View cherche désormais à torpiller une mobilisation qui ne faiblit pas. Après avoir réduit l’accès des « Googlers » aux documents ne les concernant pas directement, il a diminué le champ et la fréquence des réunions permettant aux salariés d’interroger la direction puis licencié cinq salariés activistes au cours des deux derniers mois. Reste à voir si cela sera suffisant pour étouffer un mouvement qui, s’il reste limité à une minorité d’employés, est de plus en plus vocal. Et si cette résistance ne va pas plutôt pousser les activistes à former un véritable syndicat.

Quel sera leur parcours boursier ?

Malgré les enquêtes qui se multiplient, malgré la guerre commerciale qui les a  sérieusement menacés, les Gafa ont battu des records boursiers en 2019, dans le sillage d’un Nasdaq qui a gagné 36 % en un an. Amazon a gagné 23 %, Alphabet 28 %, Facebook s’est envolé de 56 % et Apple de 85 % ! Ce dernier a engrangé plus de 530 milliards de capitalisation boursière en douze mois. Les marchés ont salué leurs résultats, portés par le contexte économique favorable aux Etats-Unis. Difficile, a priori, de faire mieux en 2020, alors que Wall Street pourrait hésiter face aux incertitudes internationales et se montrer relativement attentiste jusqu’à l’élection présidentielle américaine.

Les analystes s’attendent néanmoins à voir Apple franchir allègrement la barre des 300 dollars à la Bourse de New York, porté par les ventes de ses accessoires lors des fêtes de fin d’année. Ceux-ci (les AirPods et les Apple Watch notamment) pourraient doper les résultats du quatrième trimestre.

Les voyants sont aussi au vert pour Facebook. Les analystes d’Aegis Capital ont récemment relevé leur objectif de cours de 235 dollars à 300 dollars (contre un peu plus de 200 actuellement), optimistes sur les progrès de la monétisation de WhatsApp et Messenger, deux services contrôlés par le géant des réseaux sociaux. Quant à Amazon, UBS a fixé un objectif à 2.100 dollars par action sur douze mois, contre un peu plus de 1.800 actuellement, enthousiasmé par les activités de cloud.

Gafa versus BATX chinois : qui va gagner ?En 2020, la bataille va toujours faire rage entre les Gafa et les  BATX chinois. Derrière cet acronyme se cachent Baidu (moteur de recherche et voiture autonome), Alibaba (e-commerce et paiement mobile), Tencent (réseaux sociaux et jeux vidéo) et Xiaomi,  le quatrième fabricant mondial de smartphones.

Les quatre géants chinois sont les seules entreprises au monde à avoir l’échelle et la puissance de frappe financière pour rivaliser avec les Gafa américains. Avec 1,1 milliard d’utilisateurs sur sa messagerie WeChat, Tencent talonne Facebook (2,4 milliards de personnes) et sa capitalisation boursière fait des grands pas (458 milliards de dollars contre 585 milliards pour Facebook). Comme les Gafa, les BATX ont aussi enclenché un énorme mouvement de diversification (vers la voiture autonome, les contenus, l’intelligence artificielle…) fondé sur la croissance externe. Leur méthode privilégiée de développement reste en effet les acquisitions, tandis que sur ce terrain les Gafa américains sont plus prudents.

De plus en plus présents en Europe,  à l’image de Tencent qui vient de racheter 10 % du capital du français Universal Music, les BATX le sont toutefois encore peu aux Etats-Unis, en raison de la méfiance qu’ils suscitent, particulièrement depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

A ce stade, seule TikTok, l’application de vidéos éphémères du chinois ByteDance, a fait une percée fulgurante. Plus de 26 millions d’Américains utilisent la plate-forme, dont 60 % ont entre 16 et 24 ans, selon les chiffres officiels. Mieux, en 2018, TikTok a été davantage téléchargée dans le pays que Facebook, Instagram ou Snapchat.

Quels progrès peut-on attendre sur la protection de la vie privée ?

C’est la question explosive qui a fait tomber Facebook de son piédestal et forcé Mark Zuckerberg à multiplier les actes de contrition après  le scandale Cambridge Analytica . Comment empêcher les données personnelles des internautes d’être amassées, redistribuées et utilisées à tort et à travers pour des motifs parfois peu avouables ? C’est tout le modèle économique d’Internet – et de Google et Facebook en premier lieu – qui est en question.

Une pseudo-gratuité où, pour accéder à des services de grande qualité devenus parfois quasi indispensables, il faut accepter d’être pisté en permanence. Ce que Shoshana Zuboff résume par le titre de  son récent ouvrage : « L’âge du capitalisme de surveillance » . Où je suis, qui je contacte, qu’est-ce que j’aime… quantité d’informations peuvent dresser un portrait unique et extrêmement précis d’un individu.

« Les ‘J’aime’ sur Facebook permettent de déduire l’orientation sexuelle avec une précision de 88 % », note l’Institut Montaigne dans  une récente étude sur l’insuffisante protection des données personnelles . De quoi faire le bonheur des annonceurs… mais aussi le miel des services d’espionnage, le lit des fake news et le malheur de la démocratie.

Une prise de conscience s’amorce. Facebook comme Google offrent des outils aux utilisateurs pour gérer leurs informations personnelles. Apple fait de la protection de la vie privée  un argument marketing phare , même s’il ne peut pas contrôler toutes les données personnelles exfiltrées par les applications mobiles pour iPhone. L’Europe, suivie par la Californie ou l’Inde, a durci son cadre légal avec le RGPD.

Est-ce suffisant ? Certains plaident pour  un renforcement drastique de ces garde-fous. Mais certainement pas les Gafa. Les mauvaises pratiques de Facebook en matière de respect de la vie privée lui ont déjà valu  5 milliards de dollars d’amende aux Etats-Unis l’été dernier. Un cadre plus restrictif sur le pistage des internautes coûterait autrement plus cher à la tech américaine.

Quelles sont les grandes innovations attendues en 2020 ?

En 2020, les Gafa vont devoir réaffirmer leur capacité d’innovation, parfois « folle », dans tous les domaines. Voiture autonome, cerveau connecté, conquête de l’espace, réalité virtuelle… sont autant de chantiers.

Entre eux, c’est à celui qui surprendra le plus avec une innovation hors norme. Facebook cherche carrément  à supprimer la commande manuelle des smartphones et des ordinateurs, avec, à terme, un bracelet décodant l’activité des neurones en signaux numériques. La simple intention de poster une photo sur Instagram… suffirait à déclencher l’action !

Google lui met les bouchées doubles sur la voiture autonome, après l’acquisition d’une start-up britannique qui apprend aux machines à répliquer le comportement des humains. Le géant de Mountain View espère ainsi améliorer la réaction de ses véhicules autonomes en cas d’événement imprévu, par exemple lorsqu’un piéton traverse subitement la rue.

Amazon, pour sa part, a promis de lancer « dans les prochains mois » son nouveau drone autonome et électrique, Prime Air, qui pourra livrer les colis aux clients situés dans un rayon de 24 kilomètres en seulement…une demie-heure.

Apple travaille sur un casque de réalité augmentée, alors que l’entreprise  se renforce dans les jeux vidéos  avec Arcade et  les contenus avec Apple TV+. L’appétit d’Apple pour la réalité augmentée est devenu encore plus manifeste fin 2019  avec le rachat de la start-up Ikinema, son huitième rachat dans ce secteur au cours des dernières années.

Il faut aussi s’attendre à des prouesses côté puissance de calcul.  Google a ainsi revendiqué avoir atteint la « suprématie quantique » en mettant au point un algorithme qu’un ordinateur classique est incapable de faire tourner, provoquant un bras de fer avec IBM, qui conteste l’avancée de son concurrent.

La maison du futur devrait aussi être un enjeu important. Mouvement fort dans ce secteur où les Gafa ont longtemps été rivaux avec des écosystèmes concurrents (Assistant pour Google, Siri chez Apple et Alexa côté Amazon) :  les trois géants viennent de faire la paix pour élaborer d’ici à la fin 2020 un protocole commun.  Objectif : pouvoir piloter les différents objets connectés de la maison depuis n’importe quelle interface, et supprimer ainsi les problèmes actuels d’incompatibilité, dans ce secteur en pleine explosion. Un vrai changement d’ère…

 

Véronique Le Billon et Nicolas Rauline à New York, Anaïs Moutot à San Francisco, Sébastien Dumoulin, Raphaël Balenier

Meaningful Business: 30 multinationales américaines demandent à Amazon et Apple de mettre la planète avant leur profit

Dans une pleine page de publicité publiée dans le New York Times, plus de 30 patrons de grands groupes américains exhortent à plus de morale dans le business.
Crédit : Getty / Petmal

 

La démarche est suffisamment étonnante pour être remarquée. Plus de 30 multinationales américaines, dont Danone, Ben & Jerry’s, Patagonia ou The Body Shop ont publié hier dans le New York Times une pleine page de publicité pour lancer un appel aux puissants membres de Business Roundtable, un lobby qui regroupe plus de 150 dirigeants des plus grandes entreprises US, dont Amazon et Apple. Ce dernier a publié il y a une semaine un manifeste affirmant notamment : « les principaux employeurs investissent dans leurs travailleurs et leurs communautés, car ils savent que c’est le seul moyen de réussir à long terme. Ces principes modernisés reflètent l’engagement indéfectible du monde des affaires de continuer à faire pression pour une économie au service de tous les Américains. »

La trentaine de dirigeants qui signent la tribune prennent au mot Business Roundtable et exhortent ses membres à tenir leurs engagements. Ils déclarent ainsi, selon The Guardian : « nous sommes des entreprises performantes qui respectent les normes les plus strictes en matière d’impact positif vérifié pour nos travailleurs, nos clients, nos fournisseurs, les communautés et l’environnement. Nous fonctionnons avec un meilleur modèle de gouvernance d’entreprise – ce qui nous donne, et pourrait vous donner, un moyen de lutter contre le court terme et la liberté de prendre des décisions pour équilibrer profit et objectif. » Certifiées B Corp, ces entreprises encouragent fortement le lobby visé à les rejoindre et à pousser plus loin leurs efforts, comme ils se sont engagés à le faire dans leur récent manifeste. Andrew Kassoy, le co-fondateur de B Lab, l’association qui s’occupe du label, est très positif sur l’élan que cela pourrait donner à l’économie américaine : « c’est un changement culturel important et, certaines des plus grandes multinationales américaines reconnaissent le problème de la primauté des actionnaires (gagner autant d’argent que possible pour les investisseurs). Ils reconnaissent que cela ne produit pas le bon type de progrès économique, de lutte contre les inégalités ou le changement climatique, comme nous le souhaiterions. »

Simple publicité mal placée ou réelle prise de conscience ? Ce dialogue entre acteurs mondiaux de l’économie montre en tout cas que le sujet ne peut plus être ignoré, notamment par les entreprises majeures du numérique.

“Alexa, is there anything good happening on Prime Day this year?” “…Did you check eBay?”

Shop the Crash Sale starting 7/15.

#CrashingPrimeDay

Ebay has thrown down the gauntlet to Amazon announcing its very own “blockbuster” sales event to troll its online rival.

In an effort to cash in on the Amazon Prime day hype, Ebay has said it is set to launch a “Crash Sale”, a thinly veiled dig at Amazon’s propensity to crash during its Prime Day event, thought to have cost it around $90 million last year.

Ebay will offer discounts of up to 50 per cent on leading technology brands including Apple, Samsung, KitchenAid, Garmin and LG during Amazon’s 48-hour Prim Day event beginning on July 15.

Embedded video

eBay

@eBay

We’re crashing the party with deals on things you actually want. Stay tuned. 🎉

51 people are talking about this

However, if Amazon should crash during the event, Ebay has promised to pile on more “too-good-to-be-true” deals to abate shoppers need for a tech bargain.

This forms part of a wider sales event for Ebay, which will be offering deals of up to 85 per cent off certain items for three weeks starting July 1, including robot vacuums, stand mixers, smart home gear and more.

READ MORE: Amazon Prime Day to run for 48 hours for the first time

From July 1 – 7 this will take the form of “July 4th Savings”, followed by “Hot Deals for Hot Days” from July 8 -22 which will include daily deals on tech, appliances and smart home devices.

“Ebay is primed to deliver exactly what shoppers want during this year’s crash (sale),” vice president of Ebay Americas Jay Hanson said.

“July has become a massive shopping season, and our summer sales include blockbuster deals that will not disappoint.”

“Amazon va favoriser le rapprochement du retail et de la publicité”

Guillaume Planet, VP media & digital marketing du Groupe SEB, et ancien directeur d’agences médias (Havas, Fullsix, Dentsu Aegis…), livre son analyse sur les bouleversements du secteur publicitaire causés par le déploiement des activités publicitaires d’Amazon.

 

En dévoilant, lors de ses différentes communications financières depuis début 2018, des chiffres de ventes publicitaires en très forte progression, pour ne pas dire bluffants – plus ou moins 4,2 milliards de dollars sur les six premiers mois de l’année – Amazon a officialisé son arrivée parmi les grands acteurs du marché publicitaire. Le cabinet eMarketer prévoit même que le groupe devienne dès 2018 le troisième acteur de la publicité en ligne aux Etats-Unis, devant Microsoft et Oath.

source: https://www.mindnews.fr/article/13318/amazon-va-favoriser-le-rapprochement-du-retail-et-de-la-publicite/

Et ce n’est qu’un début. Car les passerelles entre ses activités de distributeur de produits en ligne et ses activités publicitaires lui offrent des perspectives énormes.

Si on s’arrête sur le secteur du retail, on peut supposer que les développements d’Amazon vont créer des vocations chez les autres acteurs tant cette évolution du modèle est intelligente. Elle s’appuie sur plusieurs leviers :

1 – Un avantage concurrentiel

Amazon a un double avantage concurrentiel avec les autres vendeurs d’espaces publicitaires : une possession massive de data transactionnelles, associée à une position de clients et non de fournisseurs vis-à-vis des marques qui achètent ces espaces publicitaires.

2 – Un cercle vertueux achat – data – publicité

Amazon jouit d’un cercle vertueux d’investissements publicitaires financés par les marques qui drivent un trafic très qualifié grâce à la data, nourrit le core business de vente des retailers, et alimente encore plus en data qui vont elles même nourrir le volet publicitaire.

3 – Un levier de marge

L’activité publicitaire, surtout avec ses actifs présentés plus haut, offre surtout à Amazon des perspectives de profitabilité élevée, alors que l’activité de négoce l’est peu par nature.

 

Quel impact sur le marché publicitaire ?

 

L’impact du développement d’Amazon sur la publicité est triple concernant le secteur :

1 – Les plateformes suivent le même sillon

Les autres acteurs en devenir vont devoir se rapprocher du monde du retail. Google en fait une priorité comme le montre les récents partenariats avec Wallmart et Carrefour et l’investissement dans JD.com. Tencent en fait de même, et Facebook s’y intéresse aussi très probablement, comme le montre la place de marché actuellement en test sur la plateforme.

En effet, les opportunités sont grandes pour ces acteurs en termes de data très pertinentes pour nourrir l’efficacité des solutions proposées. Le retail ouvre aussi accès à d’autres types de budgets marketing des marques : les fameux budgets “BTL”, dédiés aux points de ventes, souvent supérieurs aux budgets publicitaires.

2 – Des opportunités pour de nouveaux acteurs

Ces développements du marché derrière Amazon créent des opportunités pour de nouveaux types d’acteurs pure players de la publicité retail, par exemple Criteo.

3 – Les médias encore plus marginalisés

Mais Amazon pousse surtout un peu plus les acteurs historiques de la vente d’espace publicitaire – je parle ici des médias traditionnels – vers un rôle plus marginal sur ce modèle économique. Ces derniers, déjà chahutés par Google et Facebook, font face à un nombre croissant de concurrents mieux armés pour profiter des transformations du secteur de la publicité : ils sont riches en data ultra-pertinentes, matures en expertises digitales et data, possesseurs d’infrastructures techs sophistiquées, et hyper-puissants financièrement.

Face à cette nouvelle donne, les médias prennent de plus en plus le sujet dans le bon sens. Après une période de déni et de diabolisation des GAFA, ils cherchent maintenant de plus en plus à investiguer de nouveaux modèles économiques et revoient leur relation avec Google et Facebook, qui doivent être assimilés à des partenaires pour contribuer à engager au mieux leurs audiences.

 

Quelle réaction pour les grands distributeurs ?

 

Les retailers réagissent différemment. Ils ont étonnamment tendance à se rapprocher immédiatement de leurs nouveaux concurrents : Wallmart et Carrefour pactisent avec Google, Carrefour avec Tencent, Auchan avec Alibaba, Monoprix avec Amazon… Leur objectif est d’apprendre à travers ces partenariats, mais les risques sont évidemment importants.

Quels sont-ils ? Que Monoprix perde l’accès à la data, moteur du nouveau modèle vertueux du retail en s’associant à la market place d’Amazon. Que Carrefour et Wallmart offrent potentiellement à un futur concurrent – au minimum sur le volet publicitaire -, Google, l’opportunité de développer sa courbe d’expérience dans l’univers du retail. Enfin qu’Auchan prend le risque de donner les clés de compréhension de nouveaux marchés cible pour Alibaba.

Le rapprochement avec des acteurs certes matures en digital et data, mais moins menaçants (de type Criteo, par exemple sur le volet publicitaire) serait probablement une démarche moins risquée pour apprendre les nouveaux codes de ce secteur.

Power of recomendation: More than 50% of Amazon shoppers aren’t willing to go beyond the second page when searching for a product

BY DEENA M. AMATO-MCCOY

Customers continue to visit Amazon to discover new products or brands, yet their decisions are seldom influenced by digital ads seen on the site.

source: https://www.chainstoreage.com/technology/study-majority-amazon-shoppers-not-influenced-digital-ads/

When customers visit Amazon, 65% said they don’t even notice the ads featured, while 25% find them “useful or relevant,” according to the “2018 Amazon Shopper Behavior Study: How Shoppers will Browse and Buy on Amazon,” a report from CPC Strategy.

According to the data, Amazon continues to improve its native advertising experience for shoppers, a move that ensures the company is helping consumers to find the right product, for the right price, at the right time. It also means additional digital ads are not paramount to driving sales.

For example, more than 50% of Amazon shoppers aren’t willing to go beyond the second page when searching for a product. Meanwhile, they are more open to trying new products, as 80% are open to “occasionally” or “frequently” trying new products or brands on Amazon. This is a huge jump from 50% last year. And customer reviews are not spurring this curiosity, as approximately 80% of these customers don’t entirely trust Amazon’s customer reviews.

Despite Amazon being their “go-to” shopping source however, 74.8% of Amazon shoppers still price check on other sites.

When customers are ready to make a purchase with Amazon, more shoppers are open to using voice-enabled devices. In fact, 14.2% of Amazon customers made a purchase via a voice-enabled device in the last six months, and 61.3% of voice-enabled device owners have an Amazon Dot or Echo, the study said.

“We expected that some Amazon shoppers owned Amazon’s voice enabled devices, and had made purchases using Alexa, but we weren’t prepared to see numbers like this so early into the game,” said Nii Ahene, COO and cofounder of CPC Strategy. “The battle for ultimate marketplace dominance isn’t over, but Amazon is off to an early lead.”

Retail Revolution: Inside Amazon Go, a Store of the Future

The technology inside Amazon’s new convenience store, opening Monday in downtown Seattle, enables a shopping experience like no other — including no checkout lines.

Source: https://www.nytimes.com/2018/01/21/technology/inside-amazon-go-a-store-of-the-future.html?partner=IFTTT
Image
A row of gates guards the entrance to Amazon Go.CreditKyle Johnson for The New York Times

SEATTLE — The first clue that there’s something unusual about Amazon’s store of the future hits you right at the front door. It feels as if you are entering a subway station. A row of gates guard the entrance to the store, known as Amazon Go, allowing in only people with the store’s smartphone app.

Inside is an 1,800-square foot mini-market packed with shelves of food that you can find in a lot of other convenience stores — soda, potato chips, ketchup. It also has some food usually found at Whole Foods, the supermarket chain that Amazon owns.

But the technology that is also inside, mostly tucked away out of sight, enables a shopping experience like no other. There are no cashiers or registers anywhere. Shoppers leave the store through those same gates, without pausing to pull out a credit card. Their Amazon account automatically gets charged for what they take out the door.

On Monday, the store will open to the public for the first time. Gianna Puerini, the executive in charge of Amazon Go, recently gave tours of the store, in downtown Seattle. This is a look at what shoppers will encounter.

Image

CreditKyle Johnson for The New York Times
Image

CreditKyle Johnson for The New York Times
Image

There is no need for a shopping cart. Products can go straight into a shopping bag.CreditKyle Johnson for The New York Times

There are no shopping carts or baskets inside Amazon Go. Since the checkout process is automated, what would be the point of them anyway? Instead, customers put items directly into the shopping bag they’ll walk out with.

Every time customers grab an item off a shelf, Amazon says the product is automatically put into the shopping cart of their online account. If customers put the item back on the shelf, Amazon removes it from their virtual basket.

You have 3 free articles remaining.

Subscribe to The Times

The only sign of the technology that makes this possible floats above the store shelves — arrays of small cameras, hundreds of them throughout the store. Amazon won’t say much about how the system works, other than to say it involves sophisticated computer vision and machine learning software. Translation: Amazon’s technology can see and identify every item in the store, without attaching a special chip to every can of soup and bag of trail mix.

Image

CreditKyle Johnson for The New York Times

There were a little over 3.5 million cashiers in the United States in 2016 — and some of their jobs may be in jeopardy if the technology behind Amazon Go eventually spreads. For now, Amazon says its technology simply changes the role of employees — the same way it describes the impact of automation on its warehouse workers.

“We’ve just put associates on different kinds of tasks where we think it adds to the customer experience,” Ms. Puerini said.

Those tasks include restocking shelves and helping customers troubleshoot any technical problems. Store employees mill about ready to help customers find items, and there is a kitchen next door with chefs preparing meals for sale in the store. Because there are no cashiers, an employee sits in the wine and beer section of the store, checking I.D.s before customers can take alcohol off the shelves.

Image

CreditKyle Johnson for The New York Times
Image

CreditKyle Johnson for The New York Times
Image

CreditKyle Johnson for The New York Times

Most people who spend any time in a supermarket understand how vexing the checkout process can be, with clogged lines for cashiers and customers who fumble with self-checkout kiosks.

At Amazon Go, checking out feels like — there’s no other way to put it — shoplifting. It is only a few minutes after walking out of the store, when Amazon sends an electronic receipt for purchases, that the feeling goes away.

Actual shoplifting is not easy at Amazon Go. With permission from Amazon, I tried to trick the store’s camera system by wrapping a shopping bag around a $4.35 four-pack of vanilla soda while it was still on a shelf, tucking it under my arm and walking out of the store. Amazon charged me for it.

Image

CreditKyle Johnson for The New York Times
Image

CreditKyle Johnson for The New York Times

A big unanswered question is where Amazon plans to take the technology. It won’t say whether it plans to open more Amazon Go stores, or leave this as a one-of-a-kind novelty. A more intriguing possibility is that it could use the technology inside Whole Foods stores, though Ms. Puerini said Amazon has “no plans” to do so.

There’s even speculation that Amazon could sell the system to other retailers, much as it sells its cloud computing services to other companies. For now, visitors to Amazon Go may want to watch their purchases: Without a register staring them in the face at checkout, it’s easy to overspend.

Nick Wingfield is a technology correspondent based in Seattle. He covers Amazon, Microsoft and emerging technologies and has written on technology’s impact on economies in the Pacific Northwest. He was previously a reporter at The Wall Street Journal. @nickwingfield

A version of this article appears in print on , on Page B1 of the New York edition with the headline: Inside Amazon’s Store of the Future. Order Reprints | Today’s Paper | Subscribe

The 10 tech companies that have invested the most money in AI of the tech giants. Google is the biggest investor in AI by billions.

  • Google has invested the most in artificial intelligence (AI) out of the tech giants, according to research from RS Components.
  • Since the first acquisition in 1998, tech giants have spent nearly $8.6 billion on AI startups.v2-AI-innovations

Google has invested the most money in artificial intelligence (AI), according to research from RS Components. Tech giants have disclosed nearly $8.6 billion in acquisitions since 1998.

The company has spent nearly $3.9 billion in disclosed deals since 2006, with the bulk of that spent in its 2014 acquisition of Nest Labs for $3.2 billion. The Nest Labs purchase was the single largest disclosed investment on RS Components’ list, which includes 103 startup purchases across 15 tech giants.

Here are the top 10 tech companies based on how much they’ve spent acquiring AI startups where the price was disclosed.

1. Google – $3.9 billion

2. Amazon – $871 million

3. Apple – $786 million

4. Intel – $776 million

5. Microsoft – $690 million

6. Uber – $680 million

7. Twitter – $629 million

8. AOL – $191.7 million

9. Facebook – $60 million

10. Salesforce – $32.8 million

Google continued its domination in total number of acquired startups, investing in 29 since its first, Neven Vision, in 2006. Apple grabbed second with 14, and Microsoft was third with nine.

Microsoft was the first to invest in AI, spending $40 million on Firefly Network in 1998. Google was next to invest, but didn’t do so for another eight years.

Here are the eight single biggest disclosed investments in AI startups to date.

1. Nest Labs – $3.2 billion

2. Kiva Systems – $775 million

3. Otto – $680 million

4. Deep Mind – $500 million

5. TellApart – $479 million

6. Movidius – $400 million

7. Nervana – $350 million

8. SwiftKey – $250 million

The pace and price of startup acquisitions are unlikely to drop as AI continues to grow as a technology.