Qui veut la peau de Deezer et Spotify ? – Obsession

Qui veut la peau de Deezer et Spotify ? – Obsession.

Twitter serait sur le point d’imiter les autres géantsGoogleApple et Microsoft en proposant ses propres offres de streaming de musique. Mais qu’ont ils tous à vouloir proposer de la musique ? Le marché ne cesse de perdre de l’argent et les sites de téléchargement ou de streaming continuent de mettre la clef sous la porte. Derniers exemples en date : Beezik a mis la clef sous la porte et la Fnac a décidé d’arrêter de vendre des MP3.

“Soit ils se lancent dans la musique, soit dans le sexe”

“N’allez pas pour autant croire que le secteur est sinistré”, rectifie Yves Riesel, PDG du site de musique Qobuz. “Le marché de la musique en ligne est en plein boum !” Pour preuve, les derniers chiffres du Syndicat national de l’édition phonographique (Snep) : les ventes numériques affichent une croissance de 13% pour représenter 125 millions d’euros par an, soit 25% du marché global de la musique.

“La musique est l’un des trois éléments les plus recherchés sur internet avec le sexe et l’argent”, confirme le journaliste Emmanuel Torregano, auteur de “Vive la crise du disque”. Un tour sur le classement des mots les plus recherchés de l’année dernière. Le podium est occupé par une artiste (Whitney Houston) et le titre d’une chanson (“Gangnam Style”). “La musique est très demandée par les internautes”, poursuit le journaliste d’Electron libre. “Ces services web qui se veulent ‘sociaux’ n’ont pas beaucoup d’options : soit ils se lancent dans la musique, soit dans le sexe.”

“La musique sert de produit d’appel pour vendre autre chose”, confirme le directeur de la Société de perception et de distribution des droits des artistes-interprètes (Spedidam), Jean-Paul Bazin. “Par exemple, YouTube propose énormément de vidéos musicales utilisées pour vendre des publicités.”

Et ce produit d’appel intéresse Twitter. Le site de micro-blogging s’apprêterait à lancer une application baptisée “Twitter Music” pour écouter des morceaux recommandés en fonction de son profil.

Le site suit ainsi Google qui a lancé en 2011 son service Music d’écoute en streaming, et envisage désormais une offre payante liée à YouTubeL’an dernier, Microsoft a équipé ses Xbox 360 et tous les ordinateurs sous Windows 8 de l’option Xbox Musicpermettant de télécharger et d’écouter des morceaux (avec ou sans abonnement). Enfin, Apple envisagerait de lancer cette année une fonction du streaming de morceaux sur iTunes.

De quoi menacer les installés Deezer et Spotify, qui comptent respectivement 30 millions de membres (dont 3 millions d’abonnés payants) et 20 millions d’utilisateurs (dont 5 millions de payants).

“Spotify et Deezer risquent de mourir”

L’arrivée des pontes du high-tech dans le domaine de la musique en ligne pourrait redistribuer les cartes. Pour l’heure, Deezer et Spotify s’avèrent installés en termes d’utilisateurs, mais toujours fragiles. Si Microsoft est loin d’avoir raflé la mise avec son Xbox Music, le lancement d’une offre de streaming sur l’iTunes d’Apple pourrait bousculer le marché. “Apple reste l’acteur que tout le marché regarde pour comprendre la tendance, c’est lui qui donne le la”, estime Emmanuel Torregano. “Le jour où la pomme lance son service de streaming payant, les Spotify et Deezer risquent de mourir.”

Même constat pour Yves Riesel : “La question finale sera ‘qui avale qui ?’ A l’avenir, nous aurons trois ou quatre services majeurs aux mains des géants du net qui auront dézingué Deezer et Spotify, pour proposer des offres populaires et peu chères, mais indifférenciées. Et, à côté, quelques services plus pointus qui se distinguent sur un secteur particulier [comme Qobuz, spécialiste de la musique classique, NDLR].” La Société civile pour l’administration des droits des artistes et musiciens interprètes (Adami) s’inquiète de ce futur paysage :

Dans un avenir proche toute la chaîne de production et de diffusion culturelle sera concentrée entre les mains de quelques-uns. Apple et Google ont le pouvoir sur le prix public et imposent leurs conditions pour l’accès aux contenus. C’est une grave menace pour la diversité économique et artistique !”

“Oui, ça va être la guerre entre eux, mais au final cela ne change rien au problème de la faible rémunération des artistes”, tacle Jean-Paul Bazin de la Spedidam. “Les chiffres sont affolants : lorsqu’un titre de Johnny Halliday est téléchargé sur iTunes, il ne touche que 0,04 euro, et lorsqu’il est écouté sur Deezer, la rémunération tombe à 0,0001 euro. Et, dans le même temps, les choristes, le guitariste, le pianiste, le bassiste, le batteur… de Johnny ne touchent strictement rien. Zéro multiplié par un milliard d’écoutes, ça fait toujours zéro !”

La Spedidam et l’Adami réclament un financement équitable via l’obligation légale d’une gestion collective des droits, à l’image de la musique “physique”. “Nous attendons avec impatience les conclusions de la mission Lescure [sur la culture et le numérique,NDLR]”, entonne Jean-Paul Bazin.

Quant aux géants du net, la guerre de la musique en ligne est loin d’être terminée. “La messe n’est pas dite et le marché n’a pas fini d’évoluer”, résume Yves Riesel.

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Streaming : Spotify vs Deezer – High-Tech – Actualité – Trends.be

Streaming : Spotify vs Deezer – High-Tech – Actualité – Trends.be.

La concurrence entre Spotify et  français Deezer est à son paroxysme. Spotify a levé 100 millions de dollars jeudi, via des investissements de Coca-Cola et Goldman Sachs. Si les deux européens dominent le marché, ils risquent de souffrir de l’arrivée des mastodontes américains.

© Reuters

Spotify et Deezer attirent les investisseurs. Jeudi, le suédois a réussi une nouvelle levée de fonds de 100 millions de dollars (78 millions d’euros) auprès de Coca-Cola ou encore de Goldman Sachs. Soit la même somme récupérée par Deezer au début du mois d’octobre. En attendant l’arrivée de nouveaux concurrents, ils se livrent une bataille sans merci. Alors, lequel des deux compte le plus d’abonnés ? Qui est le plus solide économiquement ?

Au nombre d’utilisateurs, c’est Deezer qui l’emporte

Le français Deezer mise aujourd’hui sur l’internationalisation. Asie, Afrique, Amérique du Sud, il veut être partout. Déjà présent dans plus de 130 pays, Deezer prévoit d’arriver à 200 d’ici à la fin de l’année 2012. Avec une telle présence dans le monde, le service de streaming musical peut se targuer de compter plus de 26 millions d’utilisateurs. Mais seuls 2 millions d’entre eux sont abonnés à l’offre payante Deezer Premium.

Le suédois Spotify dispose, lui, d’une base de 15 millions d’utilisateurs actifs. Une belle performance quand on sait qu’il n’est présent que dans 17 pays. En nombre d’abonnés payants en revanche, c’est le suédois qui domine. Quelque 4 millions de personnes paient pour bénéficier du catalogue et du service de Spotify.

Aucun des deux n’est rentable, Spotify dégage 4 fois plus de revenus

Selon le cabinet Privco, Spotify aurait enregistré en 2011 une croissance de 150% de son chiffre d’affaires, à 244 millions de dollars (plus de 191 millions d’euros). Soit près de quatre fois les ventes de son concurrent sur la période (50 millions d’euros).

Mais la forte croissance des revenus n’est pas un gage de rentabilité. Spotify aurait en effet accusé parallèlement une perte de 59 millions de dollars (un peu plus de 46 millions d’euros). Deezer, lui, était devenu rentable fin 2010. Mais il est retombé dans le rouge depuis, du fait “d’une période d’investissements”, avait précisé son PDG Axel Dauchez. Il espère redevenir rentable en 2014.

Des difficultés qui découlent en partie de la spécificité du marché de la musique en ligne, relève CNN.

Les catalogues des majors coûtent cher, très cher

Pour inclure de nouveaux titres dans leur catalogue, Deezer et Spotify doivent au préalable négocier avec les labels, les éditeurs ou plus rarement les artistes indépendants, qui peuvent se permettre d’imposer plus ou moins leurs conditions. “Dans la plupart des autres secteurs, si un fournisseur impose des conditions qui ne sont pas raisonnables, un revendeur peut se tourner vers des concurrents”, écrivait Michael Robertson, dirigeant et fondateur du site MP3Tunes.com, dans un post publié sur le site GigaOM. Avant d’ajouter : “Depuis que la loi confie aux labels un monopole garanti par les gouvernements, une telle option n’est plus envisageable avec la musique […] Reste deux options : accepter les termes ou renoncer à inclure les titres des ayants droits dans le catalogue”. Une logique qui accroît considérablement les coûts. En 2010, le New-York Times révélait ainsi que la rétribution des majors par Spotify dépassait son chiffre d’affaires. D’où la nécessité de trouver le bon modèle économique.

Le choix de l’abonnement, et des partenariats

Aujourd’hui, ils misent à la fois sur la publicité et sur la vente d’abonnements. Selon le Syndicat National de l’édition Phonographique (Snep), ces derniers ont généré deux fois plus d’argent: soit 23 millions d’euros contre 12,7 pour la publicité. S’il a compris aujourd’hui que les abonnements sont plus rémunérateurs, Deezer a mis longtemps avant de croire à ce modèle. Il faut dire qu’à l’origine, lorsqu’il s’appelait encore BlogMusik, le service exploitait les titres musicaux sans l’accord des majors.

Pour faire cohabiter ces deux modèles économiques, Deezer a instauré une limitation d’écoute de 5 heures pour les utilisateurs simplement authentifiés et non abonnés. Spotify a lui opté pour un seuil de 10 heures. Sauf qu’en plus il a maintenu une limitation de 5 écoutes maximum par titre, dans certains pays (dont la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne).

Le problème, c’est que les abonnements ne représentent pas encore un marché de masse. D’où la nécessité de collaborer avec des sociétés capables de faire venir des clients. Deezer a ainsi gagné de nombreux abonnés via les forfaits proposés par Orange, qui est aussi l’un de ses actionnaires. Comme le rappelle PC Inpact, il a mené la même stratégie dans 14 autres pays. Et les partenariats conclus avec Facebook leur permettent de profiter de la viralité du réseau social pour attirer d’éventuels nouveaux clients.

Trends.be avec l’Expansion

Labels, artistes : spotify bataille  , Actualités

labels, artistes : spotify bataille  , Actualités.

Spotify a récemment choisi de ne pas diffuser sur son service le dernier album de la chanteuse Adele, trop exigeante. Les négociations avec ses représentants ont été rompues, symbole des relations de plus en plus tendues avec certains labels. Il y a deux semaines, c’est Paul McCartney qui avait retiré tout son catalogue des services de « streaming », estimant ne pas être suffisamment rémunéré par les ventes. Et, fin 2011, ce sont 200 labels indépendants, représentant certes une infime partie du catalogue de Spotify, qui avaient claqué la porte. Des désertions qui n’empêchent pas la société suédoise de croître. Spotify a récemment dépassé les 3 millions d’utilisateurs payants, pour un total de 15 millions d’utilisateurs.

Spotify améliore son application

http://www.cnetfrance.fr/news/spotify-ameliore-son-application-39768919.htm

Spotify ne cesse de développer son application. Cette fois ci, il s’attaque à la version pour ordinateur (Mac et PC). La dernière version apporte ainsi la lecture en continu et le fondu enchaîné. Si la première fonction est activée par défaut et enchaîne les morceaux sans silence, la deuxième doit se paramétrer dans les préférences.

Les améliorations ne s’arrêtent pas là. La société avance de nombreux changement en terme d’ergonomie comme une meilleure navigation sur la pages des artistes et une organisation revue pour la présentation des albums. Les listes pour les contacts, les favoris, et les abonnements aux autres utilisateurs sont aussi améliorées selon le point de vue de Spotify.

La lecture doit aussi reprendre là où elle s’était arrêter lors du redémarrage de l’application.

La mise à jour doit normalement être proposées lors du lancement de Spotify, qui redémarrera pour la prendre en compte.

#Midem : 5 milliards de morceaux de musique partagés sur Facebook en 4 mois – Etreintes digitales

#Midem : 5 milliards de morceaux de musique partagés sur Facebook en 4 mois – Etreintes digitales.

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Le Midem a convié Dan Rose, responsable des partenariats de Facebook, à s’exprimer dans le cadre du Visionary Monday.

Il a d’abord salué la pertinence d’être en Europe, alors que nombreux éditeurs d’applications Facebook viennent d’ici.  “Des sociétés comme Spotify et Deezerinaugurent de nouvelles façons d’interagir avec la musique, sur des plateformes comme Facebook. Dans deux semaines, Rovio lancera Angry Birds sur Facebook“, a déclaré Dan Rose, avant de rappeler quelques chiffres de l’étude Deloitte présentée la semaine dernière par Sheryl Sandberg à DLD.

Sa démonstration a démarré par une petite mise en perspective. “La musique est sociale. Dans le passé, on s’exprimait, on exprimait nos goûts par notre collection de disques. On partageait des mix tapes avec nos amis. On attendait le weekend pour savoir ce qui était dans le top 40. C’était du bouche à oreille, du social graph… mais extrêmement lent.” a raconté Dan Rose. “Aujourd’hui en 2012, je vais sur Facebook et j’écoute un morceau de Deezer. Il apparait aussiôt dans ma timeline et mes amis peuvent l’écouter. Puis leurs amis et leurs amis. Et rapidement, 800 millions de personnes dans le monde peuvent découvrir ce morceau, ou cet album, ou cet artiste.

Et cela génère des revenus : selon Dan Rose, Ticketmaster génère 5 dollarssupplémentaires par vente qui apparaît sur un mur Facebook.

En 4 mois, depuis F8, 5 milliards de morceaux ont ainsi été partagés sur la plateforme. Une invitation à venir sur Facebook. “Si vous n’êtes pas sur Facebook, rejoignez le site. Partagez en tant que vous-même, de manière authentique, avec vos fans“, a indiqué Dan Rose, avant de détailler les opportunités pour les labels, organisateurs d’événements etc.

Selon lui, “quand nous avons regardé les 100 premiers morceaux partagés sur Facebook, on a vu que ça ressemblait pas mal à un top de Billboard. Mais il y avait aussi des artistes avec une très forte empreinte au niveau local. On ne renforce donc pas les top actuels mais il y a de la vraie découverte“.
Dans le jeu, la société britannique King.com lancée il y a un an est aujourd’hui dans le top 5 des développeurs de Facebook. “Il y a beaucoup d’innovation en Europe“.

Comme pour les journalistes, nombreux à y avoir succombé, Facebook a fait son numéro de charme pour vendre le “Subscribe” aux artistes : “De nombreuses choses que nous faisons sont gratuites. L’une d’elle est la fonction ‘s’abonner’ : maintenant, en tant qu’artiste, vous pouvez avoir un vrai profil sur Facebook. Ajoutez vos vrais amis, puis laissez vos fans s’abonner à vos mises à jour“.

Enfin, il n’a pas tari d’éloges sur Mark Zuckerberg, le pdg et fondateur de Facebook, sur son engagement et sa vision, alors que le réseau social s’apprête à partir à l’assaut de la Bourse.

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Spotify hits 3m subscribers to improve conversion rate | FT Tech Hub | FTtechhub – Industry analysis – FT.com

Spotify hits 3m subscribers to improve conversion rate | FT Tech Hub | FTtechhub – Industry analysis – FT.com.

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No wonder the record labels are sounding much more positive about music subscription services. Spotify is starting to reap the benefits of its oft-doubted “freemium” business model.

After hitting 2.5m subscribers in November, the Anglo-Swedish digital music service has now reached 3m, with more than 20 per cent of its active user base paying every month to banish advertisements or listen on smartphones.

That ratio is up from 15 per cent in March last year, when Spotify crossed 1m subscribers. The latest figures mean it’s added another million since September’s 2m milestone, suggesting its growth rate is accelereating.

“We have achieved some pretty great results in terms of the ratio of paid users,” Ken Parks, Spotify’s chief content officer and US managing director, told the FT. “We have an enormous internal effort to drive conversion and engagement with the service. We are very focused on growing in our existing 12 markets as well as expanding in other markets.”

Ensuring that enough free users start subscribing is crucial to making the economics of Spotify’s business work, due to the costs of paying out royalties to labels and publishers every time a song is played, regardless of whether the user is paying.

Some observers had feared that Spotify’s losses – £26.5m, according to UK accounts, in 2010 – may have widened last year as it launched in the US, the world’s largest music market, and plugged into Facebook’s new entertainment platform. Both of these are likely to have sharply increased the number of people trialling Spotify, which costs £4.99 ($4.99/$4.99) for ad-free PC listening or £9.99 (€9.99/$9.99) to use on mobile devices.

The 20 per cent figure does not include people who have tried out Spotify but not continued to use the free service. That falloff rate may have increased as Spotify introduced new caps on the amount of free listening available after six months, a limit which kicked in for early American adopters this month.

But Spotify says that month-long free trials of its premium service have also helped conversions in both European and US markets – and that as the services grows, labels’ and artists’ remuneration (a controversial subject) will also improve.

“This is a healthy model. As it scales it gets better for everybody,” said Mr Parks, adding that half of Spotify’s paying customers are under 30. “That is a remarkable number of people who are generally hard to monetise.”

Earlier this week, record label executives said that subscription services such as Spotify, Deezer and Rhapsody were finally helping to offset declining CD sales and put the music industry back onto a growth footing by next year.

The latest Spotify figures show the scale of the challenge for Rhapsody, which has just announced its launch in the UK and Germany through the acquisition of Napster.

La musique numérique surpasse les ventes physiques aux USA

La musique numérique surpasse les ventes physiques aux USA.

Pour la première fois, la musique numérique a dépassé les ventes physiques aux États-Unis. Celle-ci a en effet représenté 50,3 % des ventes totales de musique en 2011. En France, le téléchargement est encore loin de rivaliser avec le marché du CD, même si le premier est en train de rattraper petit à petit le second.

C’est un basculement qui est loin d’être anodin. Pour la première fois aux États-Unis, la musique numérique a dépassé les ventes physiques. Autrement dit, le téléchargement a supplanté le marché du CD. Selon l’étude dirigée par Billboard, un hebdomadaire spécialisé, et Nielsen, une firme spécialisée dans les mesures d’audience, le croisement des courbes s’est produit en 2011.

Dans le détail, les achats de musique numérisée ont représenté l’an dernier 50,3 % des ventes totales de musique. Au cours de cette période, les ventes de titres dématérialisés ont progressé de 8,4 % par rapport à 2010, tandis que les albums physiques ont vu leur marché reculer de 5 %. Enfin, les ventes globales de musique (albums, singles, téléchargement…) ont progressé de 6,9 % entre 2010 et 2011.

L’explosion de la musique numérique aux États-Unis n’est évidemment pas une surprise. Le pays a bénéficié d’une situation assez favorable, avec une souplesse juridique plus importante qu’en Europe et l’existence de grands groupes très engagés dans ce domaine (Apple, Google, Amazon, Yahoo…). Cela a contribué sans aucun doute à démocratiser la musique dématérialisée.

L’émergence d’appareils comme les baladeurs numériques, les tablettes tactiles et les smartphones a aussi joué un rôle crucial, tout comme le format MP3. Grâce au poids très raisonnable des fichiers MP3 et avec la multiplication des produits nomades, ce n’était qu’une question de temps avant que le téléchargement ne supplante le marché du CD.

En France, la situation est tout autre. D’après les dernières mesures réalisées lors de l’étude Gfk / Observatoire de la Musique, le marché de la musique numérique ne représente toujours que 13 % de l’ensemble du chiffre d’affaires de la musique enregistrée en France.

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Pour Pascal Nègre, le monde musical a réussi sa révolution numérique (interview) – leJDD.fr

Pour Pascal Nègre, le monde musical a réussi sa révolution numérique (interview) – leJDD.fr.

Le patron d’Universal, Pascal Nègre, est convaincu que le monde musical a réussi sa révolution numérique.

En août, il a fêté ses 50 ans, l’année où Universal Music (groupe Vivendi) a acquis EMI, un mariage qui va en faire le premier producteur mondial. Patron d’Universal Music France depuis 1998, également en charge des pays d’Europe du Sud et d’Amérique du Sud, Pascal Nègre assume son rôle d’industriel de la musique. Jusqu’à la provocation. Au JDD, il proclame sa conviction : après des années de crise ultraviolente, le monde musical est en train de réussir sa révolution numérique. Un nouveau départ.

Universal Music rachète EMI. 1,2 milliard de livres cela représente un investissement important. Vous croyez toujours à la musique payante?
Plus que jamais! Certains continuent à pronostiquer la mort de la musique payante. Eh bien, tant pis pour eux. La musique payante a son avenir devant elle. Je n’ai jamais cru que c’était la sidérurgie, comme on l’a parfois dit. C’est pour cela que je me suis battu pour la loi Hadopi où la France a montré la voie en interdisant le téléchargement illégal. Mais c’est vrai que nous avons connu des années terribles : quand vous perdez 20% de vos ventes d’une année sur l’autre, il faut des nerfs.

Qu’est-ce qui vous permet d’être si optimiste?
Plein de signes. Depuis la loi Hadopi, deux millions d’internautes ont quitté les sites pirates et vont sur des sites payants (alors qu’il n’y a pas eu de condamnation pour l’instant). Aux États-Unis, le marché est reparti grâce au numérique qui fait jeu égal avec les ventes physiques pour la première fois. Et sur nos marchés européens, alors que nous faisions du -20% par an depuis plusieurs années, nous sommes en train d’atterrir à -3. Et surtout on peut décrire comment le monde de la musique va s’organiser. Quand Google lance le site payant Google music, en sortant pour la première fois de son modèle tout gratuit, c’est un signe fort.

Quel retournement! Comment l’expliquer?
Le vrai tournant, c’est le décollage d’iTunes. Cela représente 20 à 30% des ventes de musique! Puis est venu Spotify, dont le succès repose sur l’abonnement, formule à laquelle j’ai toujours voulu croire. Songez qu’un Suédois sur neuf paie un abonnement à Spotify : avec la même proportion, nous pourrions retrouver des ventes à un niveau antérieur à la crise. Il y aura donc trois formes de diffusion de la musique numérique. L’achat à la carte, type iTunes, l’accès à travers l’abonnement simple (Spotify) ou couplé (Deezer-Orange) et la gratuité financée par la publicité.

Dans cette bagarre à venir, vous aurez 35% du marché mondial…
Vous savez, la plus grande maison de disques, ce sont les indépendants. Universal a un peu plus de 25% du marché mondial. Après le rachat d’EMI, nous aurons 35%. Nous représentons le mariage de deux entreprises européennes face à Sony et Warner. Universal est composée d’une multitude de labels qui ont chacun leur ligne éditoriale. Un artiste signe chez Barclay, chez Deutsche Grammophon, etc., pas chez Universal. C’est pour cela que nous sommes les seuls à avoir maintenu nos budgets artistiques depuis le début de la crise. N’est-il pas vital dans le numérique, face aux mastodontes américains ou asiatiques, de permettre la naissance d’un champion européen?

Européen, Universal? Votre siège mondial est aux États-Unis…
Oui, notre siège est à proximité de la Silicon Valley. Lucian Grainge, notre président, est anglais, nous sommes une partie du groupe français Vivendi, mais nous avons une vision européenne. Cela signifie au moins deux choses. Une vision multi-culturelle globale : être présent dans 56 pays, investir pour des artistes italiens en Italie et brésiliens au Brésil, etc., fait partie de notre ADN autant que développer des artistes anglo-saxons. Les Européens partagent également une conception des droits, très différente de celle des Américains ou des Japonais.

Être français, cela a un sens dans la globalisation?
Bien sûr! La francophonie est une réalité culturelle, déjà 20% des fans des artistes français sur Facebook habitent en Afrique du Nord. Demain, cette réalité sera aussi économique grâce au numérique (imaginez un abonnement Maroc Telecom-Deezer). Cela nous permettra de signer plus d’artistes africains. Alors on danse, le titre français de Stromae, s’est vendu plus de deux millions de fois en téléchargement dans 40 pays. Et, le savez-vous, une partie du son mondial d’aujourd’hui est française : David Guetta, Bob Sinclar, les DJ français des grands tubes mondiaux du moment. Aujourd’hui, des Américains veulent avoir le son français, qu’il s’agisse de Madonna, Lady Gaga, des Black Eyed Peas, etc.

Votre optimisme tranche sur la morosité ambiante.
Avec la musique, nous sommes aux avant-postes : nous avons été les premiers pris dans la tourmente du numérique. Nous serons les premiers à en sortir grâce au numérique. Nous avons l’impression de vivre avec ces entreprises depuis une éternité mais iTunes existe depuis à peine sept ans, l’âge de raison, Facebook n’est entré dans les mœurs que depuis trois, quatre ans. Et on ne parle plus de MySpace. Je vous rappelle qu’il y a à peine cinq ans, on dénonçait la fracture numérique entre régions, générations, continents. Bien sûr, elle existe, mais quel chemin parcouru!

Olivier Jay – Le Journal du Dimanche